Tout débute au milieu de la saison 2015, lors d’un match à St-Georges-Windsor, petit village de campagne situé à 40 minutes de Sherbrooke. Puisque je parle régulièrement à mes organisateurs avant chaque match, j’ai toujours une petite idée préconçue du type d’événement sur lequel on débarque. Et après quelques conversations avec notre organisateur Yvon, propriétaire d’une grosse ferme porcine avec un accent de fermier comme que je ne saurais le décrire.
Disons que je n’avais aucun doute sur ses productions porcine, mais je n’étais pas super confiant en ses qualités de producteur événementiel.

Arriver sur les lieux du match, j’étais estomaqué par la beauté du terrain. Je dis à un membre de l’organisation: « Wow, c’est incroyable qu’un aussi petit village puisse avoir un aussi beau stade de softball couvert. » Il me répond : « Oui, c’est grâce à Yvon, c’est lui qui nous a construit ça. »
Je constate tout le respect que les gens du village ont pour notre organisateur, et les gradins du stade se remplissent à vue d’œil.

Je rencontre finalement Yvon, c’était bel et bien le genre de personnage de fermier sortie tout droit d’un film au quel je m’attendais. On me présente ensuite son frère Yvan INCROYABLE!
Je n’ose pas trop rire au cas où toutes les blagues ont déjà été fait au village, mais Yvan et Yvon WoW!! J’imaginais ces deux frères à la porcherie, Yvon Crevé parce qu’Yvan du Cochon. J’ai milles blagues en tête, mais je me retiens un peu.

Donc le match débute, les estrades sont pleines à craquer. Je me rappelle encore de cette deuxième manche où j’arrive au bâton quelques secondes avant mon circuit de dos. Marco, le receveur pour l’équipe local s’adresse à moi: « Wow c’est débile, je capote. » J’ai l’habitude de voir des gens heureux à nos matchs, mais lui semblait une coche plus heureux encore. Je lui demande : « Qu’est-ce qui te rend aussi content? » Et il me répond avec plein d’émotions : « Bin y’a 850 spectateurs dans les estrades, mais on est juste un village de 800 habitants. » Une grande fierté m’a soudainement habité, on a fait déplacé plus de monde que la population complète de St-Georges-de-Windsor. Je m’installe au bâton pour tenter le fameux coup de dos au marbre…

Je frappe quelques bonnes fausses balles, et j’évite de m’élancer sur 3 balles à l’extérieur de la zone, j’ai un compte complet. Le receveur me fait discrètement son analyse: « Tu es un peu trop d’avance sur la balle, essaies de t’approcher du lanceur en avant de ta boite. » Ce n’est pas à tous les matchs que le receveur tente de m’aider, et j’ai trouvé ça tellement gentil que je l’ai écouté.

Je me souviens de connecter la balle et de ne rien sentir du tout, le feeling parfait du bâton Easton. Mais puisque je suis de dos, ça me prend un bon deux secondes avant de pouvoir remettre mes yeux sur la trajectoire de la balle. Elle quitte le stade, et aboutit même par-dessus la clôture du terrain de dek hockey à une trentaine de pieds plus loin. Quel feeling WoW!!

C’était la première fois que je réussissais un circuit de dos dans un match. J’avais déjà réussi en pratique, mais calculant que je m’installe de dos seulement une fois par match, et que les lanceurs n’ont pas tous le désire de me lancer des belles balles, ça aurait bien pu prendre 10 ans.

Il faut dire que j’ai beaucoup appris de Claude Potvin, fondateur des 4 Chevaliers et inventeur de ce fameux coup de dos. En 38 saisons et environ 2500 apparitions au bâton de dos, Claude avait lui aussi réussi l’exploit une fois. Malheureusement, ce circuit n’a pas été filmé, mais mon père m’en a reparlé tellement souvent.

Revoyez-le (à 3 minutes) qui le mentionne dans ce reportage de Guy D’Aoust sur Les 4 Chevaliers.

Je me rappel d’avoir eu une très forte pensé pour Claude en contournant les buts. Je me disais qu’il devait me regarder du ciel, et être très fière de moi. J’en étais seulement à ma 3ieme saison avec Les 4 Chevaliers, et je réussi déjà à faire un circuit de dos. Je capotais, mais rien ne pouvais me laisser croire que cet événement allait nous propulser vers une reconnaissance mondiale.

La suite dans le Blog ci-dessous…. « Les 4 Chevaliers sur Fox à New York. »

Les 4 Chevaliers sur Fox à New York

Et tout cela en grande partie grâce à Yvon, comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences haha. C’est un fermier et un receveur de St-Georges-de-Windsor qui auront été mes meilleurs collaborateurs pour faire connaitre Les 4 Chevaliers partout sur Terre.